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La Foire Aux Questions à propos du Bouddhisme

par
John Bullitt

Copyright © 2002 John Bullitt

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Voir aussi Frequently Asked Questions about Access to Insight


Depuis plusieurs années, j'ai (John Bullitt) reçu des tonnes de questions par courriel de gens qui me demandaient des réponses aux questions de bases sur le Bouddhisme. Voici mes réponses à certaines des plus courantes. Ces réponses reflètent mes propres opinions et interprétations et ne représentent en aucune manière un point de vue "définitif" du Bouddhisme Theravada. Mon espoir est que ces réponses, de même que les liens et références vers des suttas et autres textes qui les accompagnent, serviront d'indices utiles pour vous aider à vous diriger dans la direction de trouver des réponses par vous-même.

Si vous avez des questions auxquelles vous voudriez voir répondre ici, faites-le moi savoir (anglais seulement).


Doctrine et terminologie bouddhistes [go up]

 
Le Bouddhisme est-il une religion ou une philosophie? [go up]
Le Bouddha parlait de ses enseignements simplement comme le Dhamma-vinaya -- "la doctrine et discipline" -- mais pendant des siècles les gens ont essayé de catégorier les enseignements de diverses façons, en essayant des faire entrer dans les moules courants de la pensée culturelle, philosophique, et religieuse. le Bouddhisme est un système éthique -- un mode de vie -- qui conduit à un but très spécifique et qui est doté de certains aspects et de la religion et de la philosophie:
 
C'est une philosophie.
Comme la plupart des philosophies, le Bouddhisme tente d'encadrer les complexités de l'existence humaine d'une façon qui nous rassure qu'il existe effectivement un certain ordre sous-jacent à l'Univers. Dans les Quatre Noble Vérités le Bouddha résume prestement notre prédicament: il y a la souffrance, elle a une cause, elle a une fin, et il y a une façon d'atteindre cette fin. Les enseignements sur le kamma fournissent une description complète et logiquement consistante de la nature de la cause-et-effet. Et même le concept bouddhiste de cosmologie, qu'à prime aborde certains pourraient trouver tiré par les cheveux, est une extension logique de la loi du kamma. Selon la le Dhamma, une profonde et inébranlable logique imprègne le monde.

 

Ce n'est pas une philosophie.
Au contraire de la plupart des systèmes philosophiques, qui se fondent sur la spéculation et la puissance du raisonnement pour arriver à certaines sortes de vérités logiques, le Bouddhisme se fonde sur l'observation directe de l'expérience personnelle de chacun et sur l'entraînement de certains talents afin d'obtenir un entendement et une sagesse véritables. La spéculation oiseuse n'a pas sa place dans la pratique bouddhiste. Quoiqu'étudier en classe, lire des livres, et s'engager dans des débats animés puissent jouer un rôle vital dans le développement de l'entendement cognitif des concepts bouddhistes de base, le coeur du Bouddhisme ne peut se réaliser ainsi. Le Dhamma n'est pas un système de pensée abstrait conçu pour ravir l'intellect; c'est une carte routière dont on doit se servir, dont le but essentiel est à conduire le pratiquant au but ultime, le nibbana.

 

C'est une religion.
Au coeur de chacune des grandes religions du monde, il y a un idéal transcendant autour duquel gravitent ses principes doctrinaux. Dans le Bouddhisme cette vérité est nibbana, la marque distinctive de la cessation de la souffrance et du stress, une vérité d'une extrême transcendance qui se détache de façon singulièrement distincte de tout ce que nous pourrions croiser dans le cadre de notre expérience sensorielle ordinaire. Le nibbana est le sine qua non du Bouddhisme, l'étoile-guide et but ultime vers lequel pointent tous les enseignements du Bouddha. Puisqu'il vise à un idéal aussi noble et transcendant, on peut à bon droit appeler Bouddhisme une religion.

 

Ce n'est pas une religion.
En violent contraste avec les autres principales religions du monde, cependant, le Bouddhisme n'invoque aucune divinité, aucun créateur suprême ou Soi suprême, aucun Saint-Esprit ou Dieu d'amour omniscient à qui à qui nous pourrions en appeler pour notre salut.[1] Au lieu de quoi, le Bouddhisme nous invite à nous élever par nos propres moyens: à développer le discernement dont nous avons besoin pour distinguer entre ces qualités en nous qui sont maladroites et celles qui sont véritablement nobles et bonnes, et à apprendre comment nourrir les bonnes et expurger les mauvaises. Ceci est la voie qui mène à la plus haute perfection du Bouddhisme, le nibbana. Pas même le Bouddha ne pourrait vous amener à ce but; vous seuls devez accomplir le travail qui est nécessaire pour compléter le périple:
"En conséquence, Ananda, soyez des îles pour vous-mêmes, des refuges pour vous-mêmes, ne cherchez pas de refuge extérieur; avec le Dhamma en tant que votre île, le Dhamma en tant que votre refuge, à la recherche d'aucun autre refuge." [DN 16]

Malgré sa nature non-théiste, cependant, la pratique bouddhiste requiert quand même une sorte de foi. Ce n'est pas la foi aveugle, une acceptation sans critique de la parole du Bouddha telle que transmise par les écritures. Au contraire c'est saddha, une confiance qui naît du fait d'avoir pris refuge dans le Triple Joyau; c'est un empressement à être confiant que le Dhamma, quand pratiqué avec diligence, conduira aux récompenses promises par le Bouddha. Saddha est une acceptation provisoire des enseignements, jamais sujet à évaluation critique au cours de notre pratique, et qu'on doit équilibrer en augmentant ses propres pouvoirs croissants de discernement. Pour de nombreux bouddhistes, cette foi est exprimée et renforcée grâces aux pratiques dévotionnelles traditionnelles, comme de s'incliner devant une statue du Bouddha et réciter des passages tirés des anciens textes Pâli. Malgré une ressemblance superficielle avec les rites de nombreuses religions théistes, ces activités ne sont cependant ni des prières ni des supplications pour notre salut qu'on ferait à un Autre transcendant. Ce sont au contraire d'utiles et inspirants gestes d'humilité et e" respect pour la profonde nobilité et dignité du Triple Joyau.

Note:

1. Selon la cosmologie bouddhiste, tout être vivant demeure dans l'un de trente-trois '"plans" distincts, dont notre plan humain et familier n'est qu'un seul. Certains de ces domaines hébergent des êtres (les devas) dotés de pouvoirs inhabituels et de corps physiques extraordinairement subtils et raffinés -- voire pas de corps du tout. Leur statut de presque divinité dure peu, cependant; comme tous les êtres vivants, ils sont mortels et en fin de compte sujets à la mort et à la renaissance dans d'autres plans selon la pureté et 'l'habileté' de leurs actions (kamma). Un de ces devas, le Grand Brahma, est si obscurci par sa propre illusion qu'il se croit être le tout-puissant, créateur qui voit tout de l'Univers (voir DN 11). [Retour]

Voir aussi:


 

Est-ce que Vipassana c'est la même chose que Theravada? [go up]
Non.

Le mot Pâli vipassana -- souvent traduit comme "pénétration" -- a plusieurs sens. D'abord, il renvoie à l'éclair d'entendement intuitif libératoire qui marque le point culminant de la pratique de la méditation bouddhiste.[1] Dans les discours Pâli vipassana renvoie aussi à la capacité de l'esprit à clairement observer comment se déroulent les les événements au moment présent. En ce sens il s'agit d'une adresse qu'un méditant développe en se servant d'un large arsenal d'outils et de techniques méditatifs. Avec la pratique, cette adresse peut amener le méditant au seuil de la pénétration libératoire.[2] Dans son troisième sens, sens devenu particulièrement populaire en Occident au cours des dernières années, "Vipassana" (généralement écrit avec un "V" majuscule) renvoie à un système de méditation -- vipassana bhavana, ou "Méditation pénétrante" -- fondé sur une interprétation du Satipatthana Sutta (MN 10), le "guide pratique" concis du Bouddha au développement de l'attention (sati).[3]

Ceux qui suivent le populaire mouvement Vipassana citent souvent le Satipatthana Sutta comme l'essence des enseignements du Bouddha; certains prétendent même que les instructions qu'il contient sont les seuls qui soient nécessaires pour arriver à la pénétration libératoire. Le Bouddhisme Theravada, par contraste, saisit les milliers de discours du Canon pâli, chacun mettant en relief un aspect différent des enseignements du Bouddha. Dans le Theravada chacun des discours soutient, dépend de, reflète, et informe tous les autres; même un discours aussi important que le Satipatthana Sutta est considéré comme un simple fil dans la complexe tapisserie des enseignements du Bouddha.

Quoique de nombreux étudiants trouvent effectivement tout ce qu'ils veulent dans le Vipassana, certains ont l'impression agaçante qu'il manque quelque chose de fondamental. Cette réaction est à peine surprenante, puisque le Satipatthana Sutta lui-même a été prononcé devant un groupe de étudiants relativement avancés qui étaient déjà tout à fait expérimentés et bien établis dans la voie de la pratique du Dhamma. Heureusement, toutes ces pièces manquantes se trouvent dans le Canon pâli. Dans le Canon on trouve les enseignements du Bouddha sur la générosité et la vertu, les piliers jumelés sur lesquels toute pratique spirituelle est construite. Ses enseignements sur le souvenir du Bouddha, du Dhamma, et du Sangha servent à renforcer le développement de saddha (foi, confiance), qui fournit un carburant puissant pour soutenir la pratique du Dhamma longtemps après que nous soyons revenus de cette retraite de méditation. Dans le Canon on trouve aussi ses enseignements sur les inconvénients de la sensualité et la valeur du renoncement; sur le développement de tous les facteurs dans le Octuple Sentier, y-compris ceux qui sont rarement explorés au cours des retraites organisées de Vipassana: parole correcte, moyens de vie corrects, effort correct, et concentration correcte (au sens de jhana). Et il y a, beaucoup plus.

Dans le Theravada, la voie de la pénétration libératoire ne se résume pas à une seule technique de méditation ou à être continuellement attentif. La voie de l'Eveil est pleine de retournements étonnants mais, fort heureusement, le Bouddha nous a laissé an assortiment d'outils à utiliser et de techniques à apprendre pour nous aider à accomplir le périple en toute sécurité.

Voir aussi: "What is Theravada Buddhism?"

Notes:

1. Buddhist Dictionary: Manual of Buddhist Terms and Doctrines par Nyanatiloka (Kandy: Buddhist Publication Society, 1988). [Retour]

 

2. Voir "One Tool Among Many: The Place of Vipassana in Buddhist Practice" (Thanissaro Bhikkhu) [Retour]

3. L'actuel mouvement Vipassana est sorti de la tradition de Satipatthana Vipassana, un système de méditation basé sur le Satipatthana Sutta et développé par des moines birmans au début du 20ème siècle. Dans les années 1950 les enseignants birmans Sayagyi U Ba Khin (un laïc; 1899-1971) et Mahasi Sayadaw (un moine; 1904-1982) avaient indépendamment codifié et institutionnalisé ces enseignements, les rendant largement accessibles à travers toute l'Asie du Sud et, à terme, l'Occident. L'approche à la méditation Satipatthana Vipassana continue de jouir d'une grande popularité parmi les laïcs en Occident. Voir Satipatthana Vipassana: Insight Through Mindfulness par Mahasi Sayadaw (Kandy: Buddhist Publication Society, 1990) et The Essentials of the Buddha Dhamma in Meditative Practice par U Ba Khin (Kandy: Buddhist Publication Society, 1981). [Retour]


 

Si nous renaissons tous quand nous mourons, comment le Bouddhisme explique-t-il l'augmentation de la population du monde? [go up]
Selon la cosmologie bouddhiste, lorsqu'un être vivant[1] décède il ou elle renaît dans l'un des trente-et-un "plans" ou "domaines" distincts de l'existence, dont le domaine de l'humain n'est qu'un seul d'entre eux. Une augmentation de la population humaine implique simplement que des créatures venues d'autres plans renaissent dans the domaine de l'humain en plus grande quantité que ne meurent les humains. De même, un déclin de la population humaine impliquerait que des humains, au moment de mourir, renaissent dans d'autres plans (ou samsara existants, carrément) en plus grande quantité que d'autres créatures ne renaissent comme humains. Ces sortes de mouvements de population ont eu cours pendant d'innombrables éons et en elles-mêmes n'ont que peu d'importance cosmique.

Note:

1. A l'exception d'un arahant, un être pleinement éveillé. Les arahants ont échappé à la ronde des renaissances une fois pour toutes et, au moment de mourir, ne renaissent pas. [Retour]


 

S'il n'y a pas de soi, alors qui arrive à l'Eveil? [go up]
S'il n'y a pas de soi, alors qu'est-ce qui renaît?
S'il n'y a pas de soi, alors pourquoi...?
Nulle part dans le Canon pâli le Bouddha ne déclare catégoriquement, sans qualification, "Il n'y a pas de soi".[1] Toute question qui commence par les mots de, "S'il n'y a pas de soi..." est ainsi fondamentalement trompeuse, condamnant ainsi le questionneur à un enchevêtrement désespérant de confusion -- "un roncier de vues [erronées] " [MN 2]. Il vaut mieux mettre carrément de côté de telles questions au profit de chaînes de questionnement plus fructueuses.[2]

Notes:

1. Voir "The Not-self Strategy" et "No-self or Not-self?" par Thanissaro Bhikkhu [Retour]
2. Voir "Questions of Skill" par Thanissaro Bhikkhu [Retour]


 

J'entends souvent le mot "sangha" ces jours-ci dans les cercles bouddhistes. Qu'est-ce que ça signifie réellement?[go up]
Le mot "sangha" en pâli, signifie littéralement "groupe" ou "congrégation", mais quand on le trouve dans les suttas, le mot renvoie généralement à l'un des deux types très spécifiques de groupes: soit la communauté moniale bouddhiste (bhikkhus et bhikkhunis), soit la communauté des gens qui ont atteint au moins le premier stade de l'Eveil. Au cours des dernières décennies, on a vu apparaître en Occident un nouvel usage du mot, qui ne semble avoir aucun fondement dans les enseignements classiques du Bouddhisme Theravada: l'usage du mot "sangha" pour décrire un groupe de méditation ou toute sorte de communauté spirituelle.[1] Ç'a l'air innocent comme ça, mais cet usage spécifique peut mener -- et y arrive souvent -- à une profonde confusion à propos de l'un des nombreux points fondamentaux des enseignements du Bouddha, la prise de refuge dans le Triple Joyau.

L'acte de prendre refuge dans le Bouddha, le Dhamma, et le Sangha[2] marque un tournant important dans le développement spirituel de quelqu'un, le véritable départ du périple au long de la voie bouddhiste.[3] Il aide à générer une saine attitude envers la pratique bouddhiste en encourageant le développement de la vue correcte, et sert de constant rappel autant du but de la pratique que des moyens d'atteindre ce but. Il est donc crucial d'être clair et précis sur le sens des refuges, si on ne veut pas finir sur un chemin tout à fait différent de celui que le Bouddha avait à l'esprit.

En prenant refuge dans le Sangha, nous posons nos vues intérieures sur la communauté idéale des Nobles Personnes (ariya-sangha) -- ces moines, nonnes, laïques hommes et femmes qui, à travers l'histoire, ont par leurs propres efforts diligents réussi à mettre à exécution les instructions du Bouddha et ont obtenu au moins un aperçu du bonheur suprême de nibbana. Si ceci est la direction dans laquelle nous souhaitons nous aussi aller, alors c'est chez ces individus qu'il nous faut nous tourner pour prendre refuge:

Le Sangha des disciples du Béni du Ciel qui ont bien pratiqué... qui ont pratiqué sans façon... qui ont pratiqué méthodiquement... qui ont pratiqué avec maîtrise -- autrement dit, les quatre types [de noble disciples] quand on les prend par paires, les huit quand on les prend comme types individuels -- ils sont le Sangha des disciples du Béni du Ciel: dignes de cadeaux, dignes d'hospitalité, dignes d'offrandes, dignes de respect, l'incomparable champ de mérites pour le monde.[AN XII.12]

Mais prendre refuge ne s'arrête pas là. On nous demande aussi de nous tourner vers la communauté monastique (bhikkhu-sangha) pour refuge, car c'est grâce lignage ininterrompu de cette institution vieille de 2,600 ans que nous avons la chance aujourd'hui de pouvoir entendre les enseignements. Qui plus est, l'exemple vivant de la communauté monastique sert à nous rappeler de l'immense valeur de la générosité, de vivre une vie moralement droite, du renoncement -- bref, il nous rappelle qu'il est effectivement possible de vivre une vie pleinement en accord avec chaque aspect des enseignements du Bouddha. En réalité, évidemment, ce n'est pas chaque moine ou nonne qui vit nécessairement au niveau des hauts standards de comportement du Bouddha. C'est pour cette raison que c'est dans l' institution du Sangha que nous prenons refuge, et pas dans les membres individuels eux-mêmes. Ceci est le Sangha vers lequel les gens se sont tournés depuis l'époque du Bouddha:

Je vais vers Maître Gotama pour refuge, au Dhamma, et au Sangha des moines. Puisse Maître Gotama se rappeler de moi comme disciple laïc qui est allé vers lui pour refuge, à partir de ce jour, pour la vie. [DN 2, MN 72, SN LI.15, AN IV.184, etc.]

Ce sont donc de ces exceptionnels groupes des gens -- l' ariya-sangha et le bhikkhu-sangha -- que parlent le Troisième Joyau et Refuge; ce sont ces groupes qu'on demande à prendre pour refuge, et pas à certaine communauté vaguement définie d'amis de Dhamma du même avis et collègues de méditation. Dans quel groupe préférez-vous mettre votre confiance?

Dans un effort pour résoudre cette confusion, certains auteurs ont proposé diverses alternatives au mot "sangha" pour décrire des rassemblements et des communautés de compagnons du Dhamma.[4] Mais ceci me laisse toujours me demander pourquoi il nous faudrait ici invoquer la langue Pâli. Est-ce qu'un groupe de méditation a vraiment besoin d'un nom spécial? Pourquoi ne pas simplement l'appeler un "groupe de méditation" et le laisser comme ça?

"Sangha" est un terme important au sens riche et précis. Il signifie quelque chose de véritablement extraordinaire et brillant qui peut constamment nous rappeler les plus hautes et très excellentes possibilités que la Voie peut offrir. Utilisons-les bien.

Notes:

1. The Buddhist Religion: A Historical Introduction (quatrième édition) par R.H. Robinson & W.L. Johnson (Belmont, California: Wadsworth, 1997), p. 307. [Retour]

2. Je suis ici la convention de mettre une majuscule à "Sangha" lorsqu'il se réfère au troisième objet de refuge. [Retour à texte]

3. Voir Refuge: An Introduction to Buddha, Dhamma and Sangha par Thanissaro Bhikkhu (1997). [Retour]

4. Deux propositions de ce genre seraient parisa (la "quadruple assemblée": moines (bhikkhus), nonnes (bhikkhunis), laïcs (upasakas), et laïques (upasikas), sans égard à la réalisation spirituelle; voir Refuge: An Introduction to Buddha, Dhamma & Sangha par Thanissaro Bhikkhu (1997)) et gana (chapitre; quorum; bande). [Retour]


 

Qui est Maitreya (Metteyya)? [go up]
Y a-t-il eu d'autres Bouddhas?
Quelle est la différence entre un Bouddha et un arahant?
Qu'est-ce qu'un "Bouddha Privé" (paccekabuddha)?
Selon la tradition Theravada, de nombreux Bouddhas sont venus et repartis à travers d'innombrables éons. Une toute petite fois de très long temps en très long temps, après qu'une longue période d'obscurité spirituelle ait recouvert le monde, à terme un individu naît qui, par ses propres efforts, redécouvre la piste depuis longtemps oubliée de l'Eveil et se libère une fois pour toutes de la longue ronde des renaissances, devenant par là un arahant ("personne digne", quelqu'un qui a pleinement réalisé l'Eveil). Si un tel être choisit de ne pas partager sa découverte avec les autres on l'appelle un Bouddha "Silencieux" ou "Privé" (paccekabuddha). S'il choisit de livrer son message (sasana) au monde on l'appelle, simplement, un Bouddha. Certains des disciples d'un Bouddha peuvent eux-mêmes devenir arahants, mais ce ne sont pas des Bouddhas, puisque ils ont eu besoin d'un Bouddha pour leur montrer le chemin de l'Eveil. (Tous les Bouddhas et paccekabuddhas sont des arahants, mais pas tous les arahants sont des Bouddhas ou des paccekabuddhas.) Peu importe à quel point le sasana se répand loin et de tous côtés, tôt ou tard il succombe à l'inexorable loi d'anicca (impermanence), et s'efface des mémoires. Le monde redescend dans l'obscurité, et le cycle long de plusieurs éons se répète.

Le plus récent des Bouddha est né Siddhattha Gotama en Inde au sixième siècle AEC. C'est généralement de lui qu'on parle quand on dit "Le Bouddha".[1]

Le prochain Bouddha qui doive apparaître est dit être Maitreya (Scrt; Pâli: Metteyya), un bodhisatta qui réside présentement dans les cieux Tusita. La légende veut qu'à un moment donné dans un avenir très distant, une fois que les enseignements du Bouddha courant auront depuis longtemps été oubliés, il renaîtra en tant qu'être humain, redécouvrira les Quatre Noble Vérités, et enseignera le Noble Octuple Sentier une fois encore. Quoiqu'il joue un rôle important dans certaines traditions du Bouddhisme Mahayana, dont les disciples en appellent à lui pour une renaissance favorable et leur salut,[2] il joue un rôle insignifiant dans le Theravada. Je crois qu'il n'est mentionné qu'une fois dans tout le Tipitaka, dans le Cakkavatti-Sihanada Sutta (DN 26; Le Rugissement du Lion sur la Mise en route de la Roue):

[Le Bouddha:] Et en ce temps de gens avec une durée de vie de quatre-vingts-mille ans, il surgira dans le monde un Seigneur béni, un Arahant, Bouddha pleinement éveillé, du nom de Metteyya, doté de sagesse et comportement, un Bien allé, Connaisseur des mondes, incomparable Entraîneur d'hommes dignes d'être domptés, Enseignant des dieux et des humains, éveillé et béni, juste comme je le suis maintenant. -- "The Long Discourses of the Buddha" (auparavant "Thus Have I Heard"), Maurice Walshe, trad. (Boston: Wisdom Publications, 1987), p 403f.

Maitreya est souvent dépeint dans l'art chinois et japonais comme ce joyaux type au gros ventre.[3]

 

Notes:

1. DN 14 et DN 32 mentionnent six Bouddhas antérieurs: Vipassi, Sikhi, Vessabhu, Kakusandha, Konagamana, et Kassapa. MN 116 inclut une longue liste de paccekabuddhas passés. [Retour]

2. The Buddhist Religion: A Historical Introduction (quatrième édition) par R.H. Robinson & W.L. Johnson (Belmont, California: Wadsworth, 1997), pp. 105-6. [Retour]

3. Ibid., p. 106. [Retour]


Le Bouddhisme pratique [go up]

Comment puis-je trouver d'autres personnes avec qui étudier le Dhamma et pratiquer la méditation? [go up]
  •  
  • Demandez autour de vous.
  • Feuilletez à travers les listes des centres du centres du Dhamma et des groupes de méditation qui sont publiées dans les magazines et les sites web (voir "Learning and Practicing Meditation" dans la page "Other Theravada Sources".)
  • Explorez vos universités locales ou grandes écoles locales. S'y trouvent-ils des groupes ou clubs bouddhistes? Visitez les salles d'étudiants, les cafétérias, les bibliothèques, les librairies de campus, etc. -- partout où vous pourriez trouver des tableaux d'affichage qui annoncent les événements universitaires.
  • Gardez un oeil sur les volants affichés dans les librairies, les magasins d'alimentation de santé ou naturelle, les boutiques de type "New Age" ou ésotérique, etc.
  • Lancez un groupe de méditation ou un groupe d'étude du Dhamma dans votre propre salon. Annoncez-le par un feuillet affiché dans un des endroits ci-haut mentionnés (demandez la permission d'abord!). Vous pourrez être le seul à y assister pendant un moment, mais soyez patient.
  • Vérifiez l'annuaire du téléphone (Pages Jaunes), et cherchez à "Eglises" (temples thai ? temples vietnamiens?) ou "Méditation". Cherchez aussi à Associations. Même si vous ne voyez pas exactement ce que c'est que vous cherchez, vous pourrez du moins contacter quelqu'un qui peut vous donner certaines idées de qui appeler. Quelqu'un dans un ashram hindou ou un monastère bénédiction pourra vous faire certaines suggestions.
  • De plus en plus d'hôpitaux et de cliniques offrent des programmes de réduction du stress et de contrôle de la douleur qui font usage de techniques simplifiées de méditation empruntées aux traditions bouddhistes. La personne en charge de l'un de ces programmes pourront connaître des groupes de méditation bouddhiste ou des centres du Dhamma dans votre zone.
  • Ecrivez à quelqu'un dans un monastère ou le centre du Dhamma d'une ville, état, province, département ou région etc. voisine et demandez-leur leurs suggestions.
  • Demandez autour de vous.


 

Il n'y a pas de centres de méditation ou d'autres étudiants du Dhamma à proximité. Comment étudier le Dhamma tout seul? [go up]
Etes-vous sûr qu'il n'y a aucun groupe de méditation ou de centre à proximité? Même dans les zones dominées par d'autres traditions religieuses il peut y avoir quelques autres personnes qui pratiquent le Dhamma par eux-mêmes tranquillement et sans se faire remarquer. Avec un peu de travail d'investigation patient, on peut arriver aux trouver (voir "Comment puis-je trouver d'autres les gens avec qui étudier le Dhamma et pratiquer la méditation?", ci-dessus).

Mais si vous êtes vraiment tout seul, ne désespérez pas. Quoique disposer d'une encourageante communauté d'amis dans le Dhamma de même orientation puisse se révéler une incroyable stimulus à la pratique, on peut toujours avancer par soi-même:

     
  • Observez les préceptes. Un comportement moral -- codifié dans le Bouddhisme au moyen des cinq préceptes -- est le lit rocheux absolu du progrès spirituel. Apprenez à bien connaître les cinq préceptes et efforcez-vous de les suivre. Apprenez quels sont la plupart des difficultés pour que vous les gardiez et quelles situations vous mettent en danger de les rompre. Ajustez votre comportement en conséquence. Lorsque vous rompez un précepte, reprenez-vous, simplement, et réfléchissez sur le pourquoi de votre manquement, et soyez déterminé à ce que ça ne se reproduise pas. Mettez-vous au défi avec les préceptes, mais soyez patient: parfaire sa propre moralité est le travail d'une vie de pratique. (Voir aussi: "The Healing Power of the Precepts".)

     

  • Choisissez votre compagnie avec soin. Le Bouddha a fait remarquer que nous tendons choisir les qualités -- autant bonnes que mauvaises -- des gens avec qui nous nous associons (voir Iti 76). Si le développement des bonnes qualités en nous-mêmes nous tient à coeur, il est donc impératif que nous nous associions autant que possible avec de bonnes personnes et restions au large de ceux qui n'ont que peu respect pour les préceptes et la sagesse. Mais rappelez-vous que les bouddhistes n'ont pas de monopole sur la bonté de caractère; vous trouverez plein des personnes de tous genres de vie qui ont d'admirable attributs tels que la générosité, la patience, la bonté, la franchise, et ainsi de suite. Apprenez à connaître ces gens et à voir ce que vous pouvez apprendre d'eux à propos du développement de la bonté en vous-mêmes.

     

  • Lisez, lisez, lisez. De nos jours il y a d'innombrables livres et dépliants sur le Bouddhisme, des transcriptions de conférences du Dhamma, suttas traduits, etc., disponibles autant sur papier que sur Internet. Certains d'entre eux sont merveilleux, d'autres sont de la merde; le développement du discernement pour distinguer les uns des autres est lui-même un aspect crucial de l'apprentissage de le Dhamma. Le propre test d'authenticité du Bouddha est d'une valeur inestimable quand il s'agit de trier le bon grain de l'ivraie (voir AN VIII.53 et le Guide d'étude "Recognizing the Dhamma"). Voici quelques bons points de départ:

     

  • Prendre un cours. Si c'est le moindrement possible, prenez part à un atelier d'introduction à la méditation ou à une retraite dirigée par un enseignant expérimenté. Même quitte à devoir voyager sur une longue distance pour y assister, vous pourrez peut-être en tirer assez de bons conseils pour nourrir votre méditation et vos études pendant un long moment à venir.

Même si si vous ne disposez pas d'une communauté d'amis, vous pouvez toujours apprendre à vous poser les bonnes questions -- questions qui vous entraîneront plus profondément dans votre entendement du Dhamma (voir "Questions of Skill"). Qui était le Bouddha? Qu'a-t-il accompli? Quel est le but de la pratique bouddhiste? Qu'est-ce que l'éveil ? Pourquoi la moralité est-elle la base des enseignements du Bouddha? Quel est l'intérêt de la méditation? Qu'est-ce que la sagesse? Est-ce que je suis honnêtement la voie que le Bouddha a tracée? Quel est le rôle de la foi? Si vous pouvez garder des questions comme celles-là vivantes dans votre coeur, vous devriez rester sur la voie.


 

Je veux devenir bouddhiste. Comment faire? [go up]
Cela commence par un acte faussement simple: prendre l'engagement intérieur de "prendre refuge" dans le Triple Joyau, à accepter le Bouddha, le Dhamma, et Sangha comme source de direction spirituelle.[1] Cet acte est ce qui fait qu'on soit nominalement "bouddhiste". Mais prendre refuge implique également un empressement -- ne fut-ce que provisoire, à prime abord -- à accepter la pierre d'angle des enseignements du Bouddha: la loi du kamma. Selon ce principe universel, si on agit à mauvais escient et qu'on fait de mauvais choix éthique, on doit nécessairement en souffrir les conséquences; si on choisit avec sagesse et qu'on agit en ligne avec les idéaux les plus nobles, on doit en en bénéficier en proportion.[2] Autrement dit, votre bonheur dépend en fin de compte de la qualité de vos choix et actions; vous seul êtes responsable de votre bonheur. Votre premier acte après avoir pris refuge devrait donc être de vous résoudre à observer les cinq préceptes -- les cinq principes de base de vie qui peuvent vous aider à vous empêcher de faire des choix grossièrement malvenus. C'est là que commence la pratique du Bouddhisme.

Vous n'avez pas besoin d'une cérémonie publique formelle ou d'une "initiation" qui rende cela officiel. Il n'y a pas dans le Bouddhisme d'équivalent aux rituels de "baptême" ou de "confirmation" du Christianisme. Pas besoin de s'habiller différemment ou de porter une étiquette qui dit, "Je suis désormais a bouddhiste." La pratique du Dhamma est une affaire privée et personne d'autre que vous n'a besoin de le savoir. De nombreux bouddhistes trouvent cependant extrêmement important de renouveler leur engagement envers le Triple Joyau et aux préceptes de temps en temps de façon plus formelle, en prenant un bon ami, un maître de méditation respecté, ou un membre de la communauté monastique (Sangha) comme témoin.[3] Donner les refuges et les préceptes à des laïcs est un devoir que les moines bouddhistes sont heureux d'accomplir.

De nombreuses personnes trouvent difficile de maintenir leur engagement au Dhamma tout seuls, sans le soutien d'amis et compagnons qui partagent leurs idées. (Il peut être dur de s'en tenir aux préceptes si on est entouré de gens qui ne voient aucun mal à dire des mensonges, ou dans le fait d'avoir une aventure sentimentale secrète de temps en temps, ou à sortir pour boire tous les soirs.) Il se peut que vous ayez à faire un patient travail d'investigation pour trouver ce genre de soutien (voir Comment puis-je trouver d'autres personnes avec qui étudier le Dhamma et pratiquer la méditation?, ci-dessus).

Lorsqu'on a fait ces premiers pas, on peut procéder tout au long de la voie bouddhiste à sa propre manière et à son propre rythme. Quoiqu'on puisse beaucoup apprendre tout seul sur le Dhamma, votre entendement croîtra par sauts et par bonds une fois que vous aurez trouvé un bon enseignant -- quelqu'un à qui vous faites confiance et que vous respectez, qui garde les préceptes, et qui comprend le Dhamma et peut le communiquer clairement.[4] Les autres aides au progrès dans l'entendement du Dhamma sont comme suit: approfondir votre entendement des préceptes; étudier les suttas;[5] rencontrer des moines ou des nonnes (le Sangha) et se familiariser avec leurs traditions; le développement d'une oreille fine et discernante qui peut reconnaître lesquels parmi les enseignements spirituels populaires d'aujourd'hui s'accordent vraiment à ce qu'enseignait le Bouddha;[6] et apprendre la méditation. Comment vous procéderez est entièrement votre affaire, mais la conclusion est celle-ci: apprenez ce qu'enseignait le Bouddha et mettez-le en pratique de votre mieux dans votre vie.

Si jamais vous deviez décider que les enseignements du Bouddha ne sont pas pour vous, vous seriez libre de vous en aller à tout moment et de trouver votre propre voie. Il n'y a pas de cérémonie pour renoncer aux enseignements du Bouddha. Rappelez-vous seulement: votre bonheur est entre vos propres mains.

Notes:

1. Voir Refuge: An Introduction to Buddha, Dhamma, and Sangha par Thanissaro Bhikkhu. [Retour]

2. Voir les verses d'ouverture du Dhammapada. [Retour]

3. Pour la formule pâli standard pour demander les refuges et les préceptes, voir A Chanting Guide: Pâli Passages with Translations. [Retour]

4. Voir "L'amitié admirable (kalyanamittata)" dans les pages Chemin de la Liberté. [Retour]

5. Voir "Befriending the Suttas: Some Suggestions for Reading the Pâli Discourses". [Retour]

6. Voir le Guide d'études "Recognizing the Dhamma," préparé par Thanissaro Bhikkhu.[Retour]


 

J'aimerais avoir un mariage bouddhiste. Des suggestions? [go up]
Dans le monde du Bouddhisme Theravada le mariage est considéré comme un contrat civil, et pas comme une union spirituelle ou religieuse. Il n'y a donc pas de liturgie bouddhiste standard pour le mariage. Vous pouvez simplement inclure tous textes ou passages que vous et votre future épouse trouverez inspirants.

Un mariage est un excellent moment pour renouveler son engagement autant envers le Triple Joyau et à vivre dans accord avec les cinq préceptes. Dans les pays bouddhistes un couple peut rendre visite au monastère local peu avant ou peu après le mariage pour offrir de la nourriture à la communauté monastique, réciter les refuges et préceptes de façon formelle, recevoir un peu d'instruction du Dhamma, et possiblement recevoir une bénédiction ou deux des moines. Si une telle visite n'est pas possible pour vous, vous pourriez faire votre propre cérémonie des refuges et préceptes (utiliser la cérémonie formelle comme guide). Vous pourriez aussi considérer la possibilité de réciter les "Cinq Sujets à se Rappeler fréquemment," le Maha-mangala Sutta, ou tout autre passage qui vous inspire.

Voir aussi:


 

Quelles étaient les idées du Bouddha sur le divorce? [go up]
Dans le Bouddhisme Theravada le divorce (tout comme le mariage) est considéré comme une affaire civile, plutôt que religieuse ou spirituelle. Je ne connais pas de sutta dans lequel le Bouddha exprime une opinion à propos du divorce. Le Bouddha a cependant fait des suggestions à propos de comment un couple devrait se comporter pendant qu'ils sont mariés (voir DN 31).

Pour des observations sur la façon dont le divorce est compris au Sri Lanka, voir The Position of Women in Buddhism, par Dr. (Mrs.) L.S. Dewaraja.


 

Quelles étaient les idées du Bouddha sur l'homosexualité? [go up]
Selon ce que j'ai lu dans les suttas, le Bouddha n'a donné aucune indication que l'orientation sexuelle de quelqu'un ait quelque influence sur sa pratique spirituelle. Les cinq préceptes, qui forment l'essentiel des bases d'une vie morale dans le Bouddhisme, encouragent l'abstention de "l'inconduite sexuelle", terme qui renvoie généralement à l'activité sexuelle entre deux personnes en dehors d'une relation à long-terme. Ça n'a rien à voir avec "l'orientation".

Le Bouddha s'est cependant montré assez dur à propos de la sexualité/la sensualité en général, puisque c'est l'une des plus puissantes expressions de l'envie insatiable et de l'attachement humains. Et l'envie insatiable -- la seconde Noble Vérité -- est une cause-racine de la souffrance humaine. Le Bouddha s'est montré très clair: si vous êtes authentiquement préoccupé de votre bonheur à long-terme, alors cela vaut la peine de réévaluer l'intérêt de s'engager dans des activités -- qu'elles soient hétérosexuelles, homosexuelles, ou non-sexuelles -- qui entretiennent vos envies insatiables:

Même dans la douleur,
vous devriez abandonner
les désirs sensuels
si vous aspirez
à une future sécurité contre l'esclavage.
    Vigilant,
avec un esprit bien libéré,
touchez la libération parfois ici,
    parfois là.
Un obtenteur-de-sagesse,
ayant accompli la vie sainte,
est dit être allé
au bout du monde, allé
        au-delà. [Iti 101]

Il est intéressant de remarquer que le Bouddha décourageait de façon explicite ses disciples -- hommes et femmes, à égalité -- à s'attarder sur leur identité sexuelle (AN VII.48). Quoique ce soient des hérérosexuels qu'il ait décrit dans ce sutta spécifique, le message s'applique clairement à tout le monde.


 

Quelles étaient les idées du Bouddha sur l'avortement? [go up]
Les bouddhistes pratiquants observent les cinq préceptes comme fondations pour la vie morale que requiert le progrès spirituel. Le premier de ces préceptes est d' "éviter de détruire des créatures vivantes". Comme le Bouddhisme Theravada considère la vie humaine comme commençant au moment de la conception,[1] tuer un foetus implique de tuer un être humain, rendant ainsi l'avortement évidemment incompatible avec le premier précepte.

On peut trouver une indication du sérieux avec lequel le Bouddha considérait l'avortement dans le Vinaya, la collection de textes qui définissent le comportement et les devoirs de l'ensemble monacal bouddhiste. Selon le Vinaya, si un bhikkhu ou une bhikkhuni facilitaient un avortement, ou si une femme devait se faire avorter à la suite de leur recommandation, alors ce bhikkhu ou cette bhikkhuni serait immédiatement expulsé du Sangha, ayant rompu l'une des quatre règles cardinales du comportement monastique.[2]

Notes:

1. Selon les textes Pâli, la conception a lieu quand trois choses sont simultanément présentes: la mère (c-à-d., un oeuf fertile), le père (un spermatozoïde), et le gandhabba (l'énergie karmique de l' être qui recherche des renaissances). Si tous trois coïncident avec succès, la conscience humaine survient dans l'oeuf fertilisé et la renaissance a lieu. Pour une description de ce processus, voir le Mahatanhasankhaya Sutta (MN 38). Voir aussi la traduction de Bhikkhu Bodhi de ce sutta (plus d'utiles notes de bas de page) dans "The Middle Length Discourse of the Buddha" (Boston: Wisdom Publications, 1995). [Retour]

2. Cette règle (Parajika #3), qui s'applique autant aux bhikkhunis qu'aux bhikkhus, dit:

Si un bhikkhu [ou bhikkhuni] devait intentionnellement priver de vie un être humain, ou chercher un assassin pour lui, ou vanter les avantages de la mort, ou inciter lui à mourir (ainsi): "Mon bon monsieur, de quelle utilité vous est cette misérable vie qui est la vôtre? La mort vaudrait mieux pour vous que la vie," ou avec une telle idée à l'esprit, de telles dispositions d'esprit, devait de diverses façons louanger les avantages de la mort ou l'inciter à mourir, lui [elle] aussi est vaincu et n'est plus en communion.

Le commentaire à cette règle établit clairement que l'avortement compte comme "intentionnellement priver de vie un être humain". Voir The Buddhist Monastic Code, Vol. I [Retour]


 

Comment dois-je enseigner le Bouddhisme à mes enfants? [go up]
Le conseil du Bouddha aux parents est simple: aidez vos enfants à devenir des adultes généreux, vertueux, responsables, adroits, et autonomes [voir DN 31 et Sn II.4]. Enseigner le Bouddhisme à ses enfants ne signifie pas leur infliger de longues conférences à propos de la coproduction conditionnée, ou les forcer à mémoriser des listes de l'octuple ceci, des dix machin-bidules, des dix-sept ci-et-mi du Bouddha. Ça signifie simplement leur donner les techniques de base dont ils auront besoin afin de trouver le vrai bonheur. Le reste prendra soin de lui-même.

La plus importante leçon que des parents puissent transmettre à leurs enfants, c'est que chaque action a des conséquences. Chaque moment nous présente une occasion, et c'est à nous de choisir comment nous voulons penser, parler, ou agir. Ce sont ces choix qui à terme déterminent notre bonheur. Ceci est l'essence du kamma, la loi fondamentale de cause et effet qui sous-tend le Dhamma. Il se trouve aussi que c'est le message qui se cache derrière l'un des rares enseignements que nous ayons que le Bouddha a donné à son seul enfant, Rahula.[1] Ce sutta -- l' Ambalatthikarahulovada Sutta (MN 61) -- offre aux parents certains indices importants à propos de l'enseignement du Dhamma à de jeunes enfants -- en termes et du contenu de ce qu'il y a à enseigner, et de la méthode à utiliser.

Dans ce sutta le Bouddha réprimande le petit Rahula, sept ans, pour avoir dit un petit mensonge. Le contenu de la leçon du Bouddha est ici clair et simple: cela concerne la parole correcte, et il s'agit d'aider Rahula à rester fidèle aux principes fondamentaux de la vertu. Il y a plusieurs aspects remarquables dans la méthode du Bouddha. D'abord, en traçant avec art des comparaisons avec un ustensile d'usage courant (dans ce cas, une louche pour l'eau), le Bouddha se fait comprendre dans un langage vivant et en rapport avec l'âge que Rahula peut aisément comprendre. Deuxièmement, le Bouddha ne se lance pas dans une interminable conférence abstraite sur la nature du kamma, mais au contraire maintient la leçon centrée sur le problème immédiat qu'il a à sa disposition: choisir ses actions avec soin. Troisièmement, quoique les the préceptes constituent effectivement le cadre fondamental d'un comportement moral, le Bouddha ne les mentionne pas ici -- probablement parce que certains des préceptes (à propos de la sexualité et de l'usage d'intoxicants) ne sont tout simplement pas pertinents pour la plupart des gamins de sept ans. (Peut-être le Bouddha avait-il plus à dire à propos des préceptes à l'époque où Rahula était adolescent.) Quatrièmement, le Bouddha garde Rahula attentif au cours de la leçon en lui posant des questions simples; ce n'est en rien un cours sec et soporifique. Et finalement, le Bouddha se sert de l'occasion que lui offre ce "moment d'enseignement" pour s'avancer en territoire plus profond, et expliquer à Rahula l'importance de la réflexion intérieur avant, pendant, et après la performance d'une action de toute sorte -- que ce soit de corps, de parole, ou d'esprit. Le Bouddha place ainsi le petit méfait de départ de Rahula dans un contexte bien plus large, le transformant en une leçon profondément et durablement significative.

Quoique la plupart d'entre nous qui sont parents pouvons seulement rêver d'enseigner à nos enfants de façon aussi consciente et efficace que le Bouddha, nous pouvons quand même tirer la leçon de son exemple. Mais avant que nous puissions traduire son exemple dans l'action, il y a un point crucial à reconnaître: les instructions du Bouddha à son fils furent données par quelqu'un qui savait vraiment de quoi il parlait; le maître de Rahula était quelqu'un qui avait sincèrement pratiqué ce qu'il prêchait, un modèle par excellence. Le message est donc clair: si nous espérons instruire nos enfants de choses qui concernent la voie du Dhamma, nous ferions mieux d'être sûrs que nous-mêmes pratiquons cette voie. Si vous faites valoir les vertus des qualités adroites telles que la générosité, la sincérité, et la patience, mais que vos enfants vous voient être radins, vous entendent dire des mensonges, ou vous voient perdre votre sang-froid, alors votre message sera perdu. Evidemment, vous n'avez pas besoin d'avoir parfait le Dhamma afin d'instruire vos enfants, mais pour que votre instruction ait un poids quelconque, vos enfants doivent pouvoir témoigner de première main que vous-même vous efforcez sincèrement de mettre ces mêmes enseignements en pratique. Et si vous pouvez les inspirer par votre exemple et leur donner les techniques dont ils ont besoin pour savoir de vivre en accord avec le Dhamma, alors vous leur aurez effectivement fait un rare cadeau:

Les sages espèrent un enfant
de plus haute ou de semblable naissance,
et non pas un enfant
de plus basse naissance,
    une disgrâce pour la famille.
Ces enfants dans le monde,
    disciples laïcs,
accomplis en vertu, en conviction;
généreux, dépourvus d'avarice,
rayonnent dans tout rassemblement
comme la lune
quand elle est sans nuage.     [Iti 74]

Si vous cherchez des livres à lire à (ou avec) un petit enfant, je vous recommande la série des livres d'histoires de Jataka [2] amplement illustrées en couleurs et publiés par Dharma Press. Ces livres (dans la "Jataka Tales Series") racontent des histoires des vies antérieures du Bouddha. Ils conviennent aux enfants de moins de 10 ans, et sont disponibles chez » Dharma Publishing (2910 San Pablo Avenue, Berkeley, CA 94702, USA).

Notes:

1. Sept ans après avoir quitté son domicile et sa famille pour commencer sa quête spirituelle, Siddhattha Gotama -- désormais le Bouddha -- revint, lors de la première de plusieurs visites à sa famille leur enseigner le Dhamma. Les seuls suttas qui rapportent les instructions du Bouddha à son fils Rahula sont ceux-ci: MN 61 (Rahula a 7 ans), dans lequel le Bouddha explique l'importance de de réfléchir par soi-même avant, pendant, et après avoir accompli toute action; MN 62 (à 18 ans), dans lequel le Bouddha lui enseigne la méditation de respiration; MN 147 (à 20 ans, juste après son ordination en tant que bhikkhu), dans laquelle le Bouddha l'interroge sur l'impermanence, et Rahula subséquemment devient un arahant (ce sutta est identique à SN XXXV.121); SN XXII.91 (= SN XVIII.21) et SN XXII.92 (= SN XVIII.22), dans lesquel le Bouddha répond à ses questions à propos de déraciner la fabrication du Je et l'orgueil; et Sn II.11, dans lequel le Bouddha lui vante les vertus de la vie sans domicile. [Retour]

2. Les Jataka, ou "Histoires des naissances", est un livre dans le Khuddaka Nikaya qui raconte des récits des vies antérieures du Bouddha avant sa renaissance finale en tant que Siddhattha Gotama. Dans ses vies antérieures il était né humain, ou oiseau, ou singe, etc., et il avait consacré chaque vie à renforcer une qualité adroite. Donc, une histoire de Jataka pourra être à propos du développement de la patience, une autre à propos du développement de la générosité, et ainsi de suite. [Retour]


 

Les bouddhistes sont-ils végétariens? [go up]
Certains le sont, certains ne le sont pas. je n'ai connaissance d"aucune preuve dans le Canon pâli qui suggère que le Bouddha décourageait ses disciples laïcs de manger de la viande. Quoique certaines personnes puissent montrer le premier des cinq préceptes comme preuve que le Bouddha demandait à ses disciples d'être végétariens, ce précepte ne concerne que l'acte intentionnel de priver de vie un être vivant, et ne dit rien à propos de la consommation de viande d'un animal qui est déjà mort. De nombreux bouddhistes (et, évidemment, non-bouddhistes) perdent effectivement à terme leur appétit pour la viande par compassion pour les autres créatures vivantes, mais dans une stricte perspective bouddhiste Theravada, le choix de manger ou pas de la viande est purement une affaire de préférence personnelle.

Il est interdit aux moines Theravada de manger certaines sortes de viande,[1] mais vu que leur nourriture leur est fournie par la générosité des sympathisants laïcs,[2] qui peuvent être ou ne pas être eux-mêmes végétariens,[3] ils ne sont pas requis de pratiquer un végétarisme strict. Les moines Theravada ne sont pas non plus requis de manger tout ce qui est posé dans leur bol à aumônes; un moine fermement décidé à rester végétarien peut donc tout simplement ignorer la viande dans son bol. Dans les parties de l'Asie où on n'a jamais entendu parler de végétarisme, cependant, les moines végétariens sont confrontés à un choix très clair: manger de la viande ou mourir de faim.

Prendre part à l'acte de tuer pour de la nourriture (chasse, pêche, trappe, boucherie, etc.) est absolument incompatible avec le premier précepte, et devrait être évité.

Mais qu'en est-il si je mange -- ou juste que j'achète -- de la viande: est-ce que je n'encourage pas simplement quelqu'un d'autre à tuer pour moi? Comment laisser quelqu'un d'autre faire le "sale boulot" peut-il en quelque manière être consistant avec le principe bouddhiste de ne pas faire de tort, cette pierre d'angle de l'Intention correcte? Ceci est délicat. Quoique les suttas sont muets sur cette question, je crois personnellement que ce serait mal d'ordonner quelqu'un, "Auriez-vous l'amabilité de tuer ce poulet pour moi," puisque cela incite cette personne à rompre le premier précepte.[4] Certes, cela serait un mauvais kamma. (Considérez ceci chaque fois que vous serez tentés de commander, mettons, un homard fraîchement tué dans un restaurant; en passant votre commande vous ordonnez, en fait, sa mise à mort.) Mais acheter un morceau de la viande d'un animal mort est une autre affaire. Quoique mon achat puisse effectivement contribuer à maintenir le boucher ou le restaurateur en affaires, je ne lui demande pas de tuer pour mon compte. Qu'il tue une autre vache demain est son choix, pas le mien. Ceci est un point difficile mais important, et qui révèle la distinction fondamentale entre choix personnels (choix destinés à altérer mon propre comportement) et choix politiques (choix destinés à altérer le comportement des autres). Chacun de nous doit découvrir pour lui-même où se situe la limite entre the deux. Il est crucial de se rappeler que les enseignements du Bouddha sont, d'abord et avant tout, des outils pour nous aider à apprendre à faire de bons choix personnels (kamma); ce ne sont pas des prescriptions pour l'action politique.

Nous ne pourrions pas survive longtemps dans ce monde sans causer du mal d'une sorte ou d'une autre à d'autres créatures. Peu importe avec quel soin nous marchons, d'innombrables insectes, bestioles, et autres créatures périssent par inadvertance sous nos pieds à chaque pas. Où pouvons-nous donc seulement commencer à tirer une ligne entre mal "acceptable" et "inacceptable" ? La réponse du Bouddha était très claire et pratique: les cinq préceptes. Il ne demandait pas à ses disciples de devenir végétarien; il nous demandait simplement d'observer les préceptes. Pour plusieurs d'entre nous, ceci est un défi en soi . C'est ici que nous commençons.

Notes:

1. Il est interdit aux moines Theravada de manger de la viande d'humain, d'éléphant, de cheval, de chien, de serpent, de lion, de tigre, de léopard, d'ours, de hyène, et de panthère. Il est également interdit au moine de manger du poisson cru ou de la viande, ou tout poisson ou toute viande dont il voit, entend ou soupçonne qu'il ou elle a été tué(e) spécifiquement pour lui (voir la description des "nourritures de base" dans The Buddhist Monastic Code). Un moine qui mange n'importe laquelle de ces deux sortes de viande commet une offense qu'il doit alors confesser à ses collègues moines.Ces règles n'impliquent pas qu'un moine ne doive pas manger de la viande -- seulement qu'un moine doit faire très attention à la sorte de viande qu'il mange. [Retour]

2. Voir "The Economy of Gifts" par Thanissaro Bhikkhu. [Retour]

3. Dans certaines écoles du Bouddhisme Mahayana, les membres des communautés monastiques pratiquent effectivement le végétarisme. Voir The Buddhist Religion: A Historical Introduction (quatrième édition) par R.H. Robinson & W.L. Johnson (Belmont, California: Wadsworth, 1997), pp. 213-14. [Retour]

4. Ceci est en accord avec la règle monastique à propos ne pas manger de la viande dont il voit, entend, ou soupçonne qu'elle a été tuée spécifiquement pour lui. Voir The Buddhist Monastic Code [Retour]


 

Y a-t-il des gens éveillés dans le monde de nos jours? [go up]
Comment puis-je dire qui est vraiment éveillé?
Je ne serais pas bouddhiste si je ne pensais pas que l'Eveil soit possible. Le Bouddha lui-même observait qu'aussi longtemps qu'il y aura des gens pour pratiquer correctement dans le sens du noble octuple sentier, il continuera à y avoir des êtres éveillé dans le monde (DN 16). Une encore meilleure preuve de la réalité de l'Eveil se trouve dans la nature "graduelle" des enseignements du Bouddha. Dans les suttas, le Bouddha mentionne encore et encore les nombreuses récompenses qui attendent ceux qui suivent la Voie, longtemps avant d'atteindre le nibbana: le bonheur qui provient du développement de la générosité; le bonheur qu'on tire à vivre selon des principes de vertu; le bonheur qui provient du développement de la bonté aimante (metta); le bonheur qui provient de la pratique de la méditation et de la découverte de l'exquise béatitude l'exquise béatitude d'un esprit tranquille; le bonheur qui provient du fait d'abandonner les états d'esprit pénibles; et ainsi de suite. On peut goûter à ces récompenses soi-même, à divers degrés, grâce à la pratique du Dhamma. Une fois que vous aurez personnellement vérifié quelques uns des enseignements du Bouddha, la possibilité que le reste de ses enseignements sont plausibles -- y-compris son extraordinaire prétention que cet Eveil nous est accessible -- devient à chaque fois plus facile à accepter .

Il vaut probablement mieux ne pas trop passer de temps à spéculer sur le degré d'Eveil de quelqu'un d'autre, tout simplement parce que nos propres illusions et souillures vont nécessairement obscurcir notre vision. Vous occuperez bien mieux votre temps en regardant à l'intérieur de vous-même et en vous demandant, "Suis-je éveillé? Suis-je arrivé à la fin de la souffrance et du stress?" Si la réponse est négative, alors il vous reste du travail à faire. Certaines lignes d'interrogation valent bien, cependant, qu'on les poursuive par rapport à la pureté de quelqu'un d'autre -- particulièrement lorsqu'on doit décider si on accepte ou pas cette personne en tant que maître de Dhamma: "Cette personne semble-t-elle authentiquement heureuse? Vit-il ou vit-elle selon les préceptes? Est-ce que l'interprétation du Dhamma qu'il ou elle enseigne est valide? Puis-je apprendre de cette personne quelque chose qui ait une vraie valeur?" Il peut falloir une longue et étroite association avec quelqu'un avant qu'on puisse commencer à répondre à ces questions avec quelque confiance (AN IV.192). Mais si vous trouvez effectivement quelqu'un qui possède cette rare constellation de bonnes qualités, restez avec cette personne: il ou elle a probablement quelque chose de grande valeur à vous enseigner.

Finalement, une règle empirique que je trouve utile: quelqu'un qui prétend de partout être éveillé (ou laisse traîner des suggestions à cet effet) n'est probablement pas -- du moins pas au sens que le Bouddha avait à l'esprit.

Voir aussi: "Recognizing the Dhamma" (Guide d'étude)


 

Qu'est-ce qu'il y a comme bons livres pour commencer dans le Bouddhisme? [go up]
  •  
  • Buddhist Dictionary, par Nyanatiloka Mahathera (Kandy: Buddhist Publication Society, 1980). Un manuel classique de termes et concepts importants dans le Bouddhisme Theravada. Une inestimable référence autant pour les nouveaux-venus que pour les vétérans.

     

  • The Buddhist Religion: A Historical Introduction (quatrième édition) par R.H. Robinson & W.L. Johnson (Belmont, California: Wadsworth, 1997). Un excellent texte d'introduction de niveau du lycée qui retrace l'évolution de toutes les principales écoles du Bouddhisme de leurs tout débuts à ce jour.

     

  • Eight Mindful Steps to Happiness par le Vén. Henepola Gunaratana (Boston: Wisdom Publications, 2001). Un excellent guide pour faire entrer l'octuple sentier dans sa vie quotidienne.

     

  • The Experience of Buddhism: Sources and Interpretations (seconde édition) par John S. Strong (Belmont, California: Wadsworth, 2002). Une très utile anthologie d'extraits de textes-clef bouddhistes représentant toutes les principales écoles du Bouddhisme. Quoique d'abord destiné à servir de pendant au livre de Robinson & Johnson The Buddhist Religion (voir ci-dessus), il reste très valable tout seul.

     

  • Mindfulness in Plain English par le Vén. Henepola Gunaratana (Boston: Wisdom Publications, 1992). Une introduction claire et utile à la pratique de la méditation d'attention.

     

  • Noble Strategy: Essays on the Buddhist Path par Thanissaro Bhikkhu (1999; Disponible au Metta Forest Monastery, PO Box 1409, Valley Center, CA 92082, USA). Une belle collection d'essais d'introduction, également disponibles individuellement ici sur le site web.

     

  • Refuge: An Introduction to Buddha, Dhamma, & Sangha par Thanissaro Bhikkhu (Geoffrey DeGraff) (1996; Disponible auprès du Metta Forest Monastery, PO Box 1409, Valley Center, CA 92082, USA). Collection de courts essais et de cours sur les suttas Pâli qui expliquent les principes de base pour vivre et pratiquer la voie du Dhamma.

     

  • What le Buddha Taught par Walpola Rahula (New York: Grove Press, 1986). Un survol des enseignements du Bouddhisme Theravada, comprenant des chapitres sur chacune des Quatre Noble Vérités, plus des extraits de suttas choisis et le Dhammapada. C'est depuis plusieurs décennies, un texte d'introduction standard. Disponible dans de nombreuses librairies.

     

  • Voir aussi "Getting Started," qui comprend des lectures suggérées sur le fait de commencer la pratique de la méditation bouddhiste.


 

Où puis-je trouver une copie du Canon pâli complet (Tipitaka)? [go up]
 
Editions imprimées:
Si vous songez à vous procurer votre propre copie imprimée du Tipitaka, soyez-en avertis: le Canon pâli est immense; en posséder un ensemble complet est une sérieuse entreprise. L'édition du Tipitaka par la Pâli Text Society (traduction anglaise) couvre plus de 12,000 pages dans environ cinquante volumes reliés, ce qui nécessite environ un mètre cinquante d'étagères, et coûte environ US$2,000. Qui plus est, quelques uns des livres les plus obscurs du Tipitaka sont tout simplement introuvables en traduction anglaise, donc si vous devez vraiment lire le Tipitaka en entier, il vous faudra apprendre le Pâli.

La PTS est depuis plus d'un siècle le principal éditeur du Tipitaka, autant dans en Pâli romanisé qu'en traduction anglaise, mais plusieurs de leurs traductions sont désormais très dépassées. De bien meilleures traductions de plusieurs portions du Canon sont désormais disponibles chez d'autres éditeurs. Voici mes recommandations pour traductions imprimées qui s'ajoutent à une utile -- quoiqu'incomplète -- version du Tipitaka:

  • Vinaya Pitaka. The Book of Discipline, I.Buddhist. Horner, trad. (Oxford: Pâli Text Society, 1993) [6 vols]. Pour étudier les nombreuses règles pour bhikkhus et bhikkhunis éparpillées à travers le Vinaya Pitaka, voir Thanissaro Bhikkhu's The Buddhist Monastic Code, Volume I: The Patimokkha Training Rules Translated & Explained et The Buddhist Monastic Code, Volume II: The Khandhaka Training Rules Translated & Explained

     

  • Sutta Pitaka.
    • Digha Nikaya: The Long Discourses of the Buddha (auparavant intitulé Thus Have I Heard), Maurice Walshe, trad. (Boston: Wisdom Publications, 1987) [1 vol.]
    • Majjhima Nikaya: The Middle Length Discourses of the Buddha, Bhikkhu Ñanamoli et Bhikkhu Bodhi, trad. (Boston: Wisdom Publications, 1995) [1 vol.]
    • Samyutta Nikaya: The Connected Discourses of the Buddha, Bhikkhu Bodhi, trad. (Boston: Wisdom Publications, 2000) [2 vols.]
    • Anguttara Nikaya: The Book of Gradual Sayings, F.L. Woodward et E.M. Hare, trad. (Oxford: Pâli Text Society, 1994) [5 vols.] On trouve une excellente anthologie d'environ un cinquième de tout l'Anguttara Nikaya chez Nyanaponika Thera et Bhikkhu Bodhi: Numerical Discourses of the Buddha: An Anthology of Suttas from the Anguttara Nikaya (Walnut Creek, CA: Altamira Press, 1999).
    • Khuddaka Nikaya:
      • Dhammapada: Dhammapada: A Translation, Thanissaro Bhikkhu, trad. (Barre, Massachusetts: Dhamma Dana Publications, 1997); The Dhammmapada: Pâli Text & Translation with Stories in Brief & Notes, traduction en prose par Narada Thera (Buddhist Missionary Society, 1978; disponible chez Pariyatti Books) [1 vol.]
      • Udana: The Udana & the Itivuttaka, John D. Ireland, trad. (Kandy: Buddhist Publication Society, 1998) [1 vol.]
      • Itivuttaka: Itivuttaka: This Was Said by the Buddha, Thanissaro Bhikkhu, trad. (Barre, Massachusetts: Dhamma Dana Publications, 2001) [1 vol.]
      • Suttanipata: The Sutta-Nipata, H. Saddhatissa, trad. (London: Curzon Press, 1985) [1 vol.]
      • Theragatha, Therigatha: Elders' Verses, traduction en prose par K.R. Norman (Oxford: Pâli Text Society, 1992)
      • Khuddakapatha, Vimanavatthu, Petavatthu, Patisambhidamagga, Buddhavamsa, Cariyapitaka, Nettippakarana, Petakopadesa, Milindapañha: des traductions, de diverses qualités, sont disponibles auprès de la PTS.
      • Apadana, Niddesa: Je ne connais aucune traduction anglaise de ces livres.

     

  • Abhidhamma Pitaka. L'essence de la philosophie de l'Abhidhamma se trouve dans le premier et le dernier des sept livres de l'Abhidhamma; il est plutôt rare que les universitaires et les étudiants aillent patauger dans les eaux troubles des cinq du milieu. Commencez donc avec ces deux livres:
    • Dhammasangani: Buddhist Psychological Ethics, Mrs. C.A.F. Rhys Davids, trad., 3ème éd. (Oxford: Pâli Text Society, 1993) [1 vol]
    • Patthana: Conditional Relations, le Vén. U Narada, trad. (Oxford: Pâli Text Society, 1993) [2 vols.]

    Ces livres sont difficiles à lire; vous accepterez avec soulagement la sobre direction de l'Abhidhammattha Sangaha, un commentaire médiéval par Acariya Anuruddha. Voici de loin la meilleure traduction de cet ouvrage: A Comprehensive Manual of Abhidhamma, traduit et publié par Mahathera Narada et Bhikkhu Bodhi (Kandy: Buddhist Publication Society, 1993). [1 vol.]

 

Editions électroniques:
Plusieurs versions complètes du Tipitaka en Pâli seulement (romanisées ou autrement) sont disponibles en ligne et sur CD-ROM. Pour autant que je sache, Access to Insight contient la plus grande collection en ligne en langue anglaise de textes du Tipitaka.


Divers [go up]

Quelle est la relation entre "dana" et "lever des fonds"? [go up]
Ils sont entièrement sans relation aucune -- ou du moins devraient-ils l'être. Hélas, au cours des dernières années la notion de dana semble avoir été cooptée par de nombreux organisations bouddhistes en Occident comme juste une autre combine pour lever des fonds, conçue pour faire appel à notre bonne nature. Combien de fois avons-nous souvent reçu d'organisations bouddhistes des lettres de levée de fonds qui s'ouvrent sur le préambule familier: "Dana, ou la générosité, est l'ancienne tradition qui a maintenu les enseignements du Bouddha envie depuis plus de 2,500 ans..."? Combien de fois avons-nous vu de longues "listes de souhaits" dans ces lettres détaillant exactement quels sont les biens matériels dont il est besoin? Et combien de fois avons-nous entendu des centres de méditation demander des "dons suggérés" pour payer leurs enseignements? Dans mon esprit, ces vaillants efforts pour faire appel à un soutien matériel pour des causes bouddhistes ne fait qu'étouffer le véritable esprit de dana, ce surgissement sans poids, du fond du coeur et spontané d'action généreuse qui se trouve à la racine même des enseignements du Bouddha.

Les dons de toute sorte sont sans conteste bons. Le Bouddha nous encourage à donner généreusement chaque fois que quiconque demande de l'aide [Dhp 224]. Et même le plus petit des cadeaux, lorsqu'offert d'un coeur généreux, a une valeur incroyable: "Même si une personne jette les rinçures d'un bol ou d'une tasse dans l'étang d'un village, en se disant, 'Puisse tout animal qui vit ici se nourrir de ceci,' ce serait une source de mérite" [AN III.57]. Mais la vraie récompense de donner dépend fortement du climat dans lequel advient le don. Le donateur et le récipiendaire -- le donateur et l'organisation -- partagent une égale responsabilité dans la création d'un climat qui tire le maximum de la générosité. Si tous deux sont sérieux à propos de mettre les enseignements du Bouddha en pratique, ils ont intérêt à considérer les points suivants:

D'abord, les bénéfices du don se multiplient en rapport avec la pureté des motifs du donateur. Un cadeau que nous donnons à contrecoeur ne rend que de modestes récompenses pour tous ceux qui sont concernés, alors qu'un cadeau donné d'une authentique main ouverte, "sans chercher [notre] propre profit, pas avec un esprit attaché [à la récompense]," est de bien plus grande valeur [AN VII.49]. Si nous donnons dans l'attente de recevoir en retour quelque chose du récipiendaire -- bénéfices découlant du fait d'être membre, certificat d'appréciation, un livre, un cours de méditation, etc. -- on se vole soi-même, et on dilue la puissance de notre générosité. Les organisations bouddhistes devrait donc être prudentes lorsqu'il s'agit de donner cadeaux avec ces sortes d'à-côtés.

Ensuite, le Bouddha ne nous encourage pas à demander des cadeaux. En fait, il dit tout à fait l'opposé: il nous encourage à faire avec le peu qu'on a déjà [AN IV.28]. Cette thématique du contentement-de-peu résonne à travers les enseignements du Bouddha. Dans mon esprit, une longue "liste de voeux" pour des choses dont le leveur de fonds a depuis longtemps besoin transmet un sentiment d'insatisfaction, et paraît donc en désaccord avec ce message. La plupart des donateurs aiment donner quand ils savent que leur cadeau -- peu importe à quel point il puisse être humble -- est sincèrement apprécié par le récipiendaire. Si je ne puis donner qu'un tout petit cadeau, je me demande s'il sera apprécié -- ou même remarqué -- par une organisation qui a d'ambitieux objectifs de levée de fond ou une longue et chère liste de besoins. Une organisation peut promouvoir très effectivement les enseignements du Bouddha, et inspirer la plus grande confiance parmi ses membres et amis, en maintenant ses besoins modestes et ses requêtes rares.

Troisièmement, la pureté du récipiendaire importe aussi [SN III.24]. Lorsque nous donnons à des gens vertueux -- ceux qui, tout au moins, maintiennent les cinq préceptes -- non seulement nous reconnaissons leur intention de développer la vertu (sila), mais nous renforçons aussi notre propre résolution. Donner à des gens vertueux est ainsi une puissante force karmique dont les bénéfices s'étendent bien au delà du moment de donner lui-même. La générosité et la vertu sont profondément entremêlées; quand nous apprenons à exercer avec adresse nos impulsions généreuses, et que nous donnons là où le cadeau récoltera son plus grand fruit, nous tirons le maximum des deux. Que nous soyons donateur ou récipiendaire, nous bénéficions au maximum de la générosité lorsque nous prenons la vertu au sérieux.

Finalement, j'en appelle aux groupes et organisations bouddhistes débutants: soyez très, très patients, et résistez à la tentation de faire grandir votre organisation. Le succès d'une organisation bouddhiste ne devrait jamais se mesurer en termes commerciaux conventionnels: nombre de membres, nombre de téléchargements, nombre de cours donnés, quantité d'argent récolté, etc. Son succès ne peut être mesuré que par comment elle incarne les enseignements du Bouddha. Si elle fait du bon boulot bien fermement enraciné dans les principes de vertu, les gens qui reconnaissent la vertu quand ils la voient la remarqueront inévitablement et seront tentés de donner un coup de main avec une générosité sans limites. Toute organisation qui peut faire ceci transmet beaucoup aux autres, et de la manière la plus directe possible, l'inestimable tradition de la générosité, qui est le coeur et l'âme du Dhamma -- le plus grand cadeau de tous [Dhp 354].

Voir aussi:


 

Qu'y a-t-il de mal à vendre des livres du Dhamma ? [go up]
C'est quoi l'intérêt de les donner gratis?
Il n'y a rien de fondamentalement erroné à vendre des livres de Dhamma. En fait, de nombreux éditeurs commerciaux rendent un précieux service en produisant des livres de Dhamma de grande qualité qui sont plus faciles à trouver dans les librairies que leurs cousins gratuits, imprimés en privé. Mais cette accessibilité revient très cher. Un éditeur qui n'est intéressé que par les résultats est inévitablement forcé à faire des choix éditoriaux basés sur ce qui va ou ne va pas faire vendre des livres. Le résultat de cette pression est souvent un livre qui présente une version diluée du Dhamma, un Dhamma qui peut avoir l'air joyeux, enthousiasmant, et agréable, mais auquel il manque le tranchant de la vérité. Il est peu probable, par exemple, que les gens se précipitent à la librairie et vident leur portefeuilles pour lire des enseignements cruciaux du Bouddha sur le renoncement, les inconvénients de la sensualité, ou l'intérêt de réfléchir sur les aspects répugnants du corps. Le marché pour les personnes désireuses de dépenser de l'argent sur cette sorte de vérité est, hélas, trop petit pour être profitable.

Mais il y a une autre raison, plus profonde d'y penser à deux fois à propos de vendre des livres de Dhamma. Depuis l'époque du Bouddha, les enseignements ont traditionnellement été donnés gratis, en passant librement de maître à élève, d'ami à ami. Les enseignements sont considérés comme inestimables, et nous ont été transmis à travers tous les siècles par flot ininterrompu de générosité -- les fondations-mêmes de tous les enseignements du Bouddha. Cette tradition continue avec la production gratuite des livres de Dhamma. A partir de l'auteur, le flot coule en avant à travers tous ceux qui donnent de leur temps à préparer, mettre en forme et en caractères, et imprimer le livre; grâce aux donateurs qui subventionnent l'impression; et grâce à ceux qui prennent soin de la distribution et de l'expédition. Si vous avez le bonheur de recevoir un livre porté par ce courant de générosité, vous apprendrez une importante leçon du Dhamma longtemps avant que vous n'ouvriez même la couverture. Du moment que quelqu'un met un prix sur un livre de Dhamma, non seulement vous devez mettre de l'argent pour l'avoir, mais vous en obtenez moins en retour: vous obtenez un livre qui est seulement à propos du Dhamma, au lieu d'un qui soit lui-même un exemple du Dhamma en action. Lequel croyez-vous a la plus grande valeur?

Gardez donc ceci à l'esprit la prochaine fois que vous vous trouverez à dépenser de l'argent en échange du Dhamma -- que ce soit sous la forme d'un livre, d'une cassette audio, d'un CD-ROM, d'une conférence du Dhamma, d'une classe de méditation, d'une retraite. Le vieil adage vaut toujours: caveat emptor -- Que l'acheteur fasse attention.

Voir aussi: Quelle est la relation entre 'dana' et 'levée de fonds'?


Révisé: 7/10/2004

Version anglaise d'origine:
http://www.accesstoinsight.org/bfaq.html